Vous désirez être accompagné ?

a

Lutter Contre le Stress en 2024 ? Problèmes et Solutions

Jan 31, 2024 | RPS, Santé au travail, Stress

La prévalence du stress est indéniable. Selon l’Observatoire du Stress de la Fondation Ramsay Santé, 9 Français sur 10 ressentent du stress, avec 38 % ayant vu leur stress augmenter au cours des trois dernières années.

Les femmes et les jeunes sont particulièrement touchés, avec 60 % des femmes et 57 % des jeunes concernés.

Les principales causes de stress identifiées sont la vie professionnelle, les problèmes financiers, la vie personnelle et les problèmes de santé​.

De même, au Québec, près d’un quart de la population percevait la plupart de leurs journées comme assez ou extrêmement stressantes en 2021, une tendance plus prononcée chez les femmes que chez les hommes​.

À court terme, le stress affecte le sommeil (54 %), le comportement (40 %) et la vie de famille (26 %) des Français.

À long terme, il peut entraîner des problèmes de sommeil, psychologiques et cardiaques. Pour y faire face, 55 % des Français se tournent vers le sport et 45 % vers la relaxation, le yoga ou la méditation.

Cependant, il est inquiétant de constater que près d’un tiers des Français ne prennent aucune mesure pour combattre le stress​​.

Lutter contre le stress : cause contemporaine

Le stress au travail, en particulier, est aujourd’hui reconnu comme un problème de santé publique, comme l’ont souligné Gollac et ses collaborateurs en 2010.

Les nombreuses données épidémiologiques à ce sujet mettent en lumière son omniprésence dans notre société occidentale, souvent source d’anxiété et de pression. Cette réalité se manifeste dans un quotidien marqué par la précipitation et une charge de travail conséquente, contribuant ainsi à un état de stress fréquent.

La dualité du stress, impactant à la fois la sphère professionnelle et la vie domestique, révèle son étendue et sa complexité.

Les frontières entre ces deux mondes s’estompent, rendant le stress omniprésent et souvent inconfortable. Cette intrusion dans divers aspects de la vie quotidienne justifie pleinement l’intérêt croissant pour des stratégies de gestion du stress.

Cependant, la question demeure : est-il suffisant de chercher à réduire le stress ou faut-il plutôt chercher à comprendre ses mécanismes pour le gérer plus efficacement ?

La reconnaissance du stress en tant que défi multifacette nécessite une approche holistique, allant au-delà de la simple réduction des symptômes. Il s’agit de comprendre son fonctionnement, ses causes et ses conséquences pour adopter des stratégies adaptées et durables.

En somme, dans un monde où le stress est une réalité quotidienne, il est crucial de reconnaître sa portée et d’aborder sa gestion de manière réfléchie et fondée sur des connaissances scientifiques.

Lutter contre le stress, c’est bien. Le comprendre, c’est mieux !

Comprendre le stress est essentiel pour le gérer efficacement. Hans Selye, avec son modèle endocrinologique, a jeté les bases de cette compréhension, mettant en lumière le rôle des hormones et la réponse physiologique du corps au stress.

Selon Selye, le stress déclenche une série de réponses biologiques, initiées pour aider l’organisme à s’adapter à des situations exigeantes ou menaçantes. Ces réponses incluent la libération d’adrénaline et de cortisol, des hormones qui préparent le corps à l’action.

En parallèle, les stratégies de coping, issues de la psychologie, illustrent comment nous évaluons et nous adaptons aux situations stressantes.

Le coping (ou Stratégie d’adaptation) englobe les méthodes cognitives et comportementales utilisées pour gérer le stress. Il s’agit d’un processus dynamique, où l’individu évalue continuellement la situation stressante et sa capacité à y faire face, ajustant ses réactions en conséquence.

Ces modèles révèlent également l’impact négatif du stress prolongé sur la santé. Un stress chronique peut conduire à une variété de problèmes de santé, tels que des troubles cardiovasculaires, des problèmes digestifs, des dysfonctionnements immunitaires et des perturbations du sommeil.

Toutefois, il est important de noter que le stress n’est pas intrinsèquement nocif. Il est une réaction naturelle et saine de l’organisme, essentielle à notre survie. Cette réaction devient problématique lorsqu’elle est prolongée ou excessive, dépassant la capacité de l’organisme à s’adapter efficacement.

Dans ce contexte, la gestion du stress ne se limite pas à sa réduction ; elle implique une compréhension approfondie de ses mécanismes et de ses effets.

En saisissant le fonctionnement du stress, nous sommes mieux armés pour développer des stratégies de gestion adaptées, réduisant ainsi son impact sur notre santé et améliorant notre qualité de vie.

LIRE AUSSI : Risques Psycho-Sociaux (RPS) et TMS : Le Lien entre Stress et Douleur

Différencier les notions de stress

Il est crucial de distinguer deux aspects du stress : le stress physiologique et le stress psychosocial.

Le stress physiologique

Se réfère aux réponses biologiques de notre corps. Hans Selye, dans ses travaux de 1946, a mis en lumière ce processus, montrant comment notre corps réagit physiquement à des situations de pression ou de menace.

Cela inclut la libération d’hormones comme l’adrénaline et le cortisol.

Le stress psychosocial

Traite de notre réponse émotionnelle et mentale au stress. Lazarus et Folkman, en 1984, ont approfondi cette idée en explorant comment nous évaluons et gérons le stress dans notre environnement.

Cette approche est souvent utilisée pour aborder des situations stressantes ponctuelles.

Dans des contextes comme le lieu de travail, cependant, des approches axées uniquement sur ces mécanismes peuvent s’avérer limitées.

Les situations stressantes peuvent s’accumuler, entraînant un stress prolongé. C’est pourquoi des modèles comme ceux de Karasek et de Siegrist ont été développés.

Ces modèles se concentrent sur les facteurs de risque organisationnels et environnementaux du stress, permettant une évaluation plus ciblée dans les organisations.

Ainsi, la lutte contre le stress nécessite une compréhension complète de ses multiples facettes.

Tandis que les interventions individuelles sont utiles, elles peuvent être insuffisantes dans des contextes plus larges, où le stress est ancré dans l’environnement ou l’organisation. Cela souligne l’importance d’une approche holistique dans la gestion du stress, prenant en compte à la fois les aspects physiologiques et psychosociaux.

LIRE AUSSI : 7 Solutions pour Communiquer Efficacement au Travail en 2024

Hygiène de vie globale

Il est bien connu que pour lutter efficacement contre le stress, adopter une bonne hygiène de vie est essentiel. Cela peut sembler évident, mais c’est vraiment efficace.

Manger sainement, dormir suffisamment et faire régulièrement de l’exercice sont des bases pour réduire le stress. Ces pratiques ont de nombreux bienfaits pour la santé, allant au-delà de la simple gestion du stress. Elles aident à se sentir mieux physiquement et mentalement.

Il est aussi important de rappeler que consommer des drogues ou de l’alcool peut sembler atténuer le stress temporairement, mais en réalité, cela peut aggraver les choses. Les substances addictives peuvent entraîner plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Il est donc conseillé de limiter la consommation d’alcool à des occasions modérées.

En résumé, prendre soin de son corps par une alimentation équilibrée, un sommeil de qualité et une activité physique régulière est un pilier fondamental pour combattre le stress de manière efficace.

Cognitions et comportements

Notre façon de penser et d’agir a un grand impact sur notre gestion du stress. Il est important de reconnaître quand nous avons besoin d’aide et de ne pas hésiter à la demander. Que ce soit auprès de nos proches, d’un médecin ou d’un psychologue, chercher du soutien est un pas essentiel.

Il faut être prudent avec certaines méthodes alternatives qui promettent des solutions rapides au stress. Dans certains cas, si le stress a déclenché des problèmes de santé, suivre un traitement médical peut être nécessaire.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont reconnues pour aider à ajuster nos pensées et comportements qui contribuent au stress. De même, la méditation de pleine conscience, pratiquée correctement, peut être très bénéfique.

Enfin, maintenir des relations sociales et se consacrer à des activités qui nous passionnent fortifient notre résilience au stress. Cultiver ces aspects de notre vie nous aide à construire une base solide pour faire face aux défis.

Facteurs de risques

Examinons le stress sous l’angle psychosocial, qui considère comment différentes situations au travail peuvent engendrer du stress.

Siegrist (1996) a mis en avant l’idée de l’équilibre entre les efforts fournis et les récompenses reçues. Les efforts peuvent être liés au travail lui-même ou aux exigences de la tâche. Les efforts peuvent se manifester par l’investissement fourni par le travailleur (intrinsèques), ou alors ceux demandés par sa tâche (extrinsèques).

Les récompenses, elles, peuvent varier : salaire, reconnaissance, sécurité de l’emploi, ou promotions.

Un autre modèle important est celui de Karasek (1979, 1990), qui analyse le stress au travail à travers trois éléments :  la latitude décisionnelle (autonomie), la demande psychologique (efforts) et le soutien social. L’interaction entre ces éléments aide à comprendre si une personne est stressée, passive, active, ou détendue.

Il est essentiel de trouver un équilibre pour éviter le stress excessif.

Des mesures psychosociales en milieu de travail peuvent aider à identifier et à adresser ces situations problématiques, en cherchant à améliorer l’équilibre entre les efforts et les récompenses, ainsi qu’à renforcer le soutien social et l’autonomie des employés.

Les mesures moins pertinentes

Il est important de choisir des stratégies de gestion du stress qui ont fait leurs preuves. Par exemple, opter pour des solutions simples et éprouvées plutôt que de se tourner vers des méthodes non conventionnelles comme les régimes « détox » ou le sommeil en alternance.

Ces approches peuvent sembler attrayantes, mais elles ne sont pas forcément les plus efficaces pour gérer le stress de manière durable.

De plus, il est essentiel de ne pas se rigidifier dans ses habitudes au point que la moindre déviation devienne source de stress supplémentaire. La clé est d’adopter une approche équilibrée et flexible de l’hygiène de vie.

Enfin, il est conseillé de privilégier les méthodes soutenues par la recherche scientifique et recommandées par les professionnels de santé. Méfiez-vous des pratiques pseudoscientifiques ou non prouvées qui peuvent ne pas offrir les résultats escomptés dans la gestion du stress.

Je veux tester sur un groupe pilote

Références

Åkerstedt, T., Kecklund, G., & Axelsson, J. (2007). Impaired sleep after bedtime stress and worries. Biological psychology, 76(3), 170‑173.

Aldana, S. G., Sutton, L. D., Jacobson, B. H., & Quirk, M. G. (1996). Relationships between leisure time physical activity and perceived stress. Perceptual and Motor skills, 82(1), 315‑321.

Black, D. S., O’Reilly, G. A., Olmstead, R., Breen, E. C., & Irwin, M. R. (2015). Mindfulness meditation and improvement in sleep quality and daytime impairment among older adults with sleep disturbances : A randomized clinical trial. JAMA internal medicine, 175(4), 494‑501.

Dolezal, B. A., Neufeld, E. V., Boland, D. M., Martin, J. L., & Cooper, C. B. (2017). Interrelationship between sleep and exercise : A systematic review. Advances in preventive medicine, 2017.

Fleshner, F. (2005). Physical activity and stress resistance : Sympathetic nervous system adaptations prevent stress-induced immunosuppression. Exercise and sport sciences reviews, 33(3), 120‑126.

Gollac, M., Askenazy, P., Baudelot, C., Brochard, P., Brun, J.-P., Cases, C., Davezies, P., Falissard, B., Gallie, D., & Griffiths, A. (2011). Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser. Rapport du Collège d’expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail, faisant suite à la demande du Ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Goyal, M., Singh, S., Sibinga, E. M., Gould, N. F., Rowland-Seymour, A., Sharma, R., Berger, Z., Sleicher, D., Maron, D. D., & Shihab, H. M. (2014). Meditation programs for psychological stress and well-being : A systematic review and meta-analysis. JAMA internal medicine, 174(3), 357‑368.

Gyllenhammer, L. E., Weigensberg, M. J., Spruijt-Metz, D., Allayee, H., Goran, M. I., & Davis, J. N. (2014). Modifying influence of dietary sugar in the relationship between cortisol and visceral adipose tissue in minority youth. Obesity, 22(2), 474‑481.

Hofmann, S. G., Asnaani, A., Vonk, I. J., Sawyer, A. T., & Fang, A. (2012). The efficacy of cognitive behavioral therapy : A review of meta-analyses. Cognitive therapy and research, 36(5), 427‑440.

Karasek Jr, R. A. (1979). Job demands, job decision latitude, and mental strain : Implications for job redesign. Administrative science quarterly, 285‑308.

Karasek, R. A., Theorell, T., & Eneroth, P. (1990). Job strain variations in relation to plasma testosterone fluctuations in working men-a longitudinal study. Journal of internal medicine, 227(1), 31‑36.

Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer publishing company.

Nelson, S. K. (2015). The Effects of Prosocial and Self-Focused Behaviors on Psychological Flourishing. University of California, Riverside.

Ozbay, F., Johnson, D. C., Dimoulas, E., Morgan III, C. A., Charney, D., & Southwick, S. (2007). Social support and resilience to stress : From neurobiology to clinical practice. Psychiatry (Edgmont), 4(5), 35.

Selye, H. (1946). The general adaptation syndrome and the diseases of adaptation. The journal of clinical endocrinology, 6(2), 117‑230.

Siegrist, J. (1996). Adverse health effects of high-effort/low-reward conditions. Journal of occupational health psychology, 1(1), 27.Vézina, M. (2008).

La prévention des problèmes de santé psychologique liés au travail : Nouveau défi pour la santé publique. Santé publique, 20(hs), 121‑128.